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Région Roussillon


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Histoire du vin en Roussillon

Le vignoble du Roussillon plonge ses racines jusqu'aux VIIIe et VIIe siècles avant Jésus-Christ !

A cette époque, les marins grecs venus de Corinthe se livraient au fructueux commerce du fer. Les criques accueillantes de la Côte Vermeille leur permettaient d'abriter leurs frêles galères. Le mont Canigou, du haut de ses 2 786 mètres, les guidait volontiers. Ce sont eux qui, en s'installant, apportèrent la vigne et l'art de sa culture.

Mais c'est avec la colonisation romaine que la vigne, en même temps que l'olivier, prend son essor dans la "Narbonnaise" qui devient, et pour longtemps, le lieu privilégié du commerce du vin. Les échanges se font alors par mer et par terre, comme le prouvent les multiples vestiges d'amphores retrouvés le long des côtes et des routes. Cette exportation traditionnelle perdura tout au long du Moyen Âge, institutionnalisée par les besoins de la liturgie du culte chrétien qui offre en sacrifice "le vin qui réjouit le coeur de l'homme".

Les fêtes populaires abondent et on partage ce que chacun a apporté, "qui du pain, qui du vin dans de petits carafons, qui des fruits de la terre, qui de l'huile d'olive ou des graisses de diverses natures", richesse de l'époque. En ce temps-là, on ajoute souvent miel, épices, herbes et aromates pour en faire un "nectar", du grec "nektar", boisson mythique des dieux, mot qui viendrait lui-même de "neko" (je tue) d'où boisson qui "tue le souvenir des choses terrestres", "boisson de l'oubli", abondamment chanté par les troubadours catalans, les "trobador".

Pendant tout le premier millénaire, les vins généreux du Roussillon étaient obtenus par passerillages (séchage des raisins au soleil), par surmaturation ou par adjonction de miel. Vers l'an 1300, Arnau de Vilanova, médecin fameux et savant éclairé, découvre le mariage miraculeux "de la liqueur de raisin et de son eau-de-vie". Le principe s'en répand rapidement, la réputation des vins dépasse les frontières du royaume.

Dès le XIIIe siècle, le commerce des vins du Roussillon s'oriente vers la Catalogne, au sud, mais aussi vers l'Italie, à l'est et la France et la Flandre au nord. En 1294, Philippe IV le Bel, roi de France, ordonnait encore à ses sénéchaux de "ne contrarier en aucune manière l'exportation que les bourgeois viticulteurs de Montpellier pourraient faire de leurs vins, tant par terre que par mer". Il acheta d'ailleurs lui-même, en 1300, "17 tonneaux et une queue de vin", soit environ 150 hectolitres qu'il fit déposer à Paris. Montpellier, frontière Est de l'éphémère royaume de Majorque qui unissait le Roussillon, les Baléares, la Cerdagne et la seigneurie de Montpellier, était alors la plaque tournante du commerce du vin.

La menace des vins d'ailleurs était déjà présente. Le 17 novembre 1299, Jacques Ier de Majorque défend par décret royal "d'importer par terre ou par mer aucun vin étranger en Roussillon, Vallespir et Conflent". Déjà préoccupés par la qualité de leurs vins, les bourgeois de la ville tinrent conseil en 1369 "afin de déterminer comment conserver plus longtemps leur vin pour que ce dernier supporte mieux les trajets vers des destinations de plus en plus lointaines".

Le XVe siècle est une période troublée, marqué par une longue période de guerres larvées entre les Royaumes de Majorque et d'Aragon. Le XVIe siècle, lui succède, là aussi émaillé de guerres incessantes entre la France et l'Espagne. Ces périodes ne semblent pas avoir été propices à la prospérité de la vigne en Roussillon. Néanmoins, les vins sont de plus en plus réputés, et le jésuite Jacques Manière chante en vers latins les louanges "du vin pur et lénifiant qui tire son nom de Rives Altes et active au plus haut point la digestion des dineurs". Les vins liquoreux du Roussillon sont pratiquement les seuls à être exportés vers la capitale. Ils supportent mieux le voyage, leur goût est unique et leur prix, élevé, permet de compenser le prix du transport, très élevé à l'époque.

Au XVIIe siècle, la construction du canal du Midi (1680) qui relie la Méditerranée à l'Atlantique permit aux vins du Roussillon, abondants pour l'époque, de se tourner vers de nouveaux marchés où ils entrent en concurrence avec les vins bordelais.

Ces nouveaux clients étaient par ailleurs avides de ces vins, car le "grand hiver" de 1709 avait détruit une grande partie des vignes du royaume. La pénurie et la cherté des vins traditionnels obligeaient le recours aux vins de la Méditerranée. Les douanes intérieures furent même levées en 1710 pour tout ce qui concernait les produits provenant du Midi à destination de Paris, tant la demande et les prix étaient forts. Plusieurs fois durant le siècle, ces mesures fiscales furent renouvelées, garantissant le succès des produits vinicoles du Languedoc-Roussillon.

Plus près de nous, en moins de trois siècles, les vignobles s'étendent ou régressent selon les circonstances politiques, économiques ou phytosanitaires.

A partir de 1741, dopé par l'amélioration des transports maritimes et fluviaux, le vignoble s'étend. Entre 1820, date de création du cadastre, et 1880, le vignoble passe de 38 000 à près de 80 000 hectares malgré l'apparition de l'oïdium en 1850, rapidement maîtrisé par pulvérisations de soufre. Une grande partie des vins est distillée, l'eau-de-vie ainsi produite supportant mieux le transport. Mais les vins "Muscat de Rivesaltes" connaissent toujours le même engouement. En 1787, le célèbre voyageur anglais Arthur Young raconte à un ami son voyage en Roussillon :"on me montra un village qu'il me dit être Rivesalta, qui produisait du plus fameux vin de France; je trouvai à diner qu'il méritait sa réputation". En 1806, l'inventeur de la critique gastronomique, Grimod de la Reynière, considère le Muscat de Rivesaltes comme le meilleur vin de liqueur de l'Europe.

A partir de 1882, tardivement par rapport au reste de la France donc moins brutal mais tout aussi dévastateur, le phylloxéra détruit en partie le vignoble. Les nouvelles vignes, greffées sur plants américains, s'installent, et, timidement, le vignoble renaît. L'arrivée du chemin de fer, révolution dont on a peine aujourd'hui à mesurer l'ampleur, développe une forte demande de vins "sains et légers" destinés au coupage avec les vins d'Afrique du Nord. Ils sont destinés à alimenter les grandes villes, en pleine expansion, où se développent des populations ouvrières, grandes consommatrices de ce qu'on n'appelle pas encore les "vins de table".

Rapidement, accélérée par les progrès de la mécanisation, une frénésie de replantation sans précédent souffle sur la région (en 1906, à peine vingt ans plus tard, on atteint 65 000 hectares!) mais favorise la plantation de cépages peu qualitatifs qui donnent des récoltes très abondantes de vins légers et sans saveur. L'Aramon est à la fête, la mode est aux cépages hybrides aux rendements mirifiques, le Carignan délaisse les coteaux où il faisait merveille et s'installe dans la plaine où, mal conduit, il acquiert mauvaise réputation.

La crise sera rude, brutale, sanglante. En 1907, à la suite d'une crise de surproduction, une révolte éclate menée par les vignerons Marcellin Albert et Ernest Ferroul. L'événement entre dans la légende avec la mutinerie des soldats du 17ème régiment d'infanterie qui mettent crosse en l'air. En revanche, ceux du 139ème tirent sur les vignerons. Bilan : 6 morts. Même dans les années soixante, alors que les premiers signes d'un retournement des modes de consommation sont déjà perceptibles, les viticulteurs ne pensent bien souvent qu'en termes de quantité sans vraiment se soucier de la qualité. Une date symbolique marque la fin de cette époque où le seul objectif était de "faire pisser" la vigne : la fusillade de Montredon, en 1976, dans l'Aude. Les vignerons en colère s'insurgent alors contre les prémices du désengagement communautaire.

Pour les vins rouges, blancs et rosés, 1932 marque le début des tentatives de classement avec la création de l'A.O.V.D.Q.S. Haut-Roussillon. Le régime des V.D.Q.S. et des A.O.C. est progressivement mis en place par l'I.N.A.O., créé en 1936. En 1951, le terme Haut-Roussillon, qui prête à confusion avec certains V.D.N. de l'époque, est abandonné au profit de l'appellation Roussillon dels Aspres. En 1952, deux nouvelles appellations viennent distinguer de nouveaux terroirs : Corbières du Roussillon sur la zone de la vallée de l'Agly dont les meilleurs terroirs ont droit à la dénomination Corbières supérieurs du Roussillon. Dans les années 60 commence alors une politique de recherche de qualité et de regroupement qui aboutit le 3 octobre 1972 à la création de l'A.O.V.D.Q.S. Côtes du Roussillon. La production des trois anciens V.D.Q.S. qui oscillait entre 600 et 800 000 hectolitres ne sera plus que de 250 000 hectolitres en Côtes du Roussillon. En 1977, les Côtes du Roussillon et Côtes du Roussillon Villages acquièrent leurs lettres de noblesse en accédant à l'Appellation d'Origine Contrôlée. Première grande A.O.V.D.Q.S. méditerranéenne à franchir le pas, les vins n'ont cessé depuis cette date, de s'améliorer et de renforcer leurs normes de qualités.

L'existence d'une production originale de Vins Doux Naturels en Roussillon est reconnue dès le 2 août 1872 dans la loi Arago. La loi Pams du 13 avril 1898 en précise la situation fiscale, la loi Brousse du 15 juillet 1914 apporte une précision fondamentale en n'autorisant l'élaboration des Vins Doux Naturels qu'à partir des seuls cépages Grenaches, Macabeu, Muscats et Malvoisie. A partir de 1936, les Vins Doux Naturels sont les premiers à bénéficier du régime des Appellations d'Origine Contrôlées. Les zones d'appellation Banyuls et Maury sont classées et protégées en 1936 et ne changent pas ou peu depuis cette date. La même année, l'appellation Rivesaltes délimite les vignobles de la plaine au nord de la Têt, l'appellation Côte d'Agly la zone montagneuse occidentale incluant 9 communes de l'Aude, l'appellation Côtes de Haut-Roussillon étant réservée aux vins doux naturels produits au sud de la Têt, dans les secteurs des Aspres et des Albères. 1938 voit la création de l'appellation Grand Roussillon qui fédère les vins issus de l'assemblage des cinq crus précédemment cités. En 1956, les différentes appellations de muscats (muscat de Banyuls, de Maury, des Côtes d'Agly) voient leurs situations clarifiées avec la création de l'appellation Muscat de Rivesaltes. Un deuxième regroupement important a lieu en mai 1972. Les Côtes d'Agly et les Côtes du Haut-Roussillon se fondent sous le seul vocable Rivesaltes.


Source : Interprofession des vins du Roussillon


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